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Domaine Chahut et prodiges, Coup de canon 2008

Un beau travail fait sur ce vin facile à boire.


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Domaine Julien Meyer

dimanche 29 décembre 2013, par Laurent Baraou, Monsieur Septime

Après avoir recouru au « tout-chimique » dans ses vignes, Patrick Meyer a refait des vins hors de la mode et des standards. Un travail reconnu par ses collègues, et souvent cité en exemple.

Le chemin vers une vigne plus humaniste aura pris du temps… À moins de vingt ans, en 1981, Patrick succède à sa mère à la tête du domaine familial. « Pas très intéressé par la viticulture », il applique sans se poser de questions les méthodes apprises au lycée agricole. Alors que la vigne maternelle n’avait connu que le cuivre et le soufre et était encore labourée, il passe au « tout-chimique » et traite avec les derniers « produits miracles », les systémiques. Par confort, traitement et désherbants sont surutilisés, à une période où l’on ignorait qu’il ne faut pas faire plus de deux traitements systémiques sur une campagne. Après trois ans de ce traitement, les vignes sont épuisées, de nouvelles maladies apparaissent : acariens et érinose, vers de la grappe, cicadelles, etc.

L’heure de la prise de conscience a sonné. Patrick découvre ébloui des vins de Châteauneuf-du-Pape comme château Rayas, ou ceux de Gérard Gauby en Roussillon. Il décide de revenir aux pratiques culturales de sa mère : griffage des sols au moins un rang sur deux, désherbage sur le cavaillon, fauchage de l’autre rang, traitements uniquement à base de cuivre et de soufre, aucun insecticide.

Alors que ses rendements sont de 90 à 100 hectolitres à l’hectare, il réduit sa production et travaille dans l’optique d’une agrobiologie sans chimie. En 1992, le domaine est conduit en bio sans le savoir. Pragmatique, Patrick se rend compte que le soufre n’est pas toujours nécessaire ; il l’élimine de certaines cuvées. Rouges, effervescents et crémants, blancs avec un élevage de plus de 24 mois sont aujourd’hui produits sans soufre. Les autres vins, à l’élevage court, sont simplement soufrés à la mise, de sorte qu’en bouteille le taux de SO2 libre ne compte que 15 mg par litre environ.

En 1995, une rencontre décisive avec Yves Hérody, un géologue spécialisé dans la pédologie et l’agronomie, l’amène à reconsidérer ses techniques de labour. Le sol est vivant et il faut éviter de le tuer par des retournements brutaux et intempestifs.

Une seconde rencontre lui montre la direction à prendre : Manfred Wenz, un paysan allemand, lui enseigne des techniques culturales simplifiées pour un labour qui ne descend jamais à plus de cinq centimètres. L’année suivante, Pierre Masson l’initie à la biodynamie. Patrick redonne vie aux sols et remodèle son domaine, lui offrant une allure diversifiée.

« À chaque décennie on n’entend que des vérités absolues qui dix ans après ne sont plus vraies du tout. »

« Il ne s’agit pas de revenir à ce qui était il y a un siècle car la situation n’est pas du tout la même », explique-t-il. Celui qui a révolutionné sa propre pratique, tout en retrouvant les racines du domaine, a senti le vent tourner, un vent porteur de meilleurs arômes. Aujourd’hui, la tendance va plutôt au terroir et à l’abandon des vins bodybuildés. Et de souligner avec ironie : « À chaque décennie on n’entend que des vérités absolues qui dix ans après ne sont plus vraies du tout. Il faut donc être très prudent, avoir de l’humilité et se contenter de faire son travail de paysan. »

Sa cave fut construite en 1705 et il s’étonne de la complexité de celles d’aujourd’hui : il faut climatiser, refroidir, tout mettre sous contrôle et filtres sanitaires. Partant du principe que ses prédécesseurs ne contrôlaient pas les températures, il laisse le vin se faire, simplement. Alors que l’export représente 60 à 70 % de ses volumes, il a décidé depuis quelques années de réduire la voilure, afin de favoriser une production à diffusion locale.

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Patrick Meyer du domaine Julien Meyer (Alsace)

Repères :

Domaine Julien Meyer
21, route du Vin
67680 Nothalten
Tél. : 03 88 92 60 15
patrickmeyer67@free.fr

  • Surfaces : 8,5 hectares.
  • Cépages : gewurztraminer, muscat, pinot blanc, gris et noir, riesling, sylvaner.
  • Cuvées : de 17 à 30 cuvées selon les années, dont Grittermatte (en riesling), Zellberg (sylvaner), Fanny et Élisabeth (pinot gris), Mer et coquillage (assemblage
    sylvaner et riesling), Les Pierres chaudes (en pinot noir et en pinot blanc), Muenchberg grand cru (riesling), etc.
  • Prix : de 7 à 22 €, hors liquoreux.

Le choix de Septime
Fanny et Élisabeth, issu de deux parcelles différentes (argilo-calcaire limoneux dans un cas, siliceux pour l’autre) vendangées le même jour.

Le choix de Baraou
Les Pierres chaudes (pinot noir), parce que tout le monde n’aime pas ; moi je le bois.

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