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Focus

Domaine de l’Arnesque, Plan de Dieu

Un 2010 sur le fruit avec de jolis tanins mais plutôt à déguster dans quelques années. Un 2009 qui se boit avec délice. Un très joli travail de Sébastien du domaine de l’Arnesque qui sait bichonner sa terre et ses vignes.


Agenda

Manoir de la Tête Rouge

jeudi 19 mars 2015, par Laurent Baraou, Monsieur Septime

Si la reconnaissance est là, il est toujours difficile de vendre des vins de qualité quand votre région de production est dépréciée.

Ce jour-là est une journée bien chargée pour Guillaume Reynouard à la vigne et au vin, et Sophie à la gestion de la table d’hôtes. Guillaume, fils de pharmacien et de médecin, découvre adolescent les métiers de la vigne lors d’un forum étudiant. Il intègre le lycée professionnel agricole de Briacé. Cela le passionne, le mauvais élève de première S devient l’un des meilleurs de sa classe. À la sortie de son BTS viticulture-oenologie, il travaille chez un négociant puis vend de la publicité avec un ami. Réalisant qu’il est bien loin de sa vocation initiale, il décide de tout arrêter. En 1995, le Saumurois est en crise et il arrive assez facilement à se constituer un domaine. Un de ses anciens maîtres de stage lui cède 10 hectares, un autre qui part en retraite lui en cède quatre. Le sort lui sourit et lui fait découvrir un vieux manoir qu’il achète aux enchères pour trois francs six sous. Le domaine est né, il tire son nom de la bâtisse du XVIIe siècle, le manoir de la Tête rouge.

Le vignoble est abîmé par les vendanges mécaniques et l’usage outrancier de la chimie. Il arrache les hybrides et vinifie son premier millésime en 1996. Mais il n’a pas de clients. Ce qui est produit est vendu en majorité au négoce avec un retour sur investissement très faible. Sa mère médecin l’a sensibilisé en lui transmettant des publications scientifiques sur la nocivité des produits phytosanitaires, mais c’est son aide financière qui le décide à débuter sa conversion en 1998. Il faut réapprendre des gestes comme le labour. L’intérêt financier du départ se transforme après quinze ans en véritable conviction. Il trouve aujourd’hui le bio dévoyé, devenu un simple outil marketing : « On tombe dans une sorte de bouillie bio incompréhensible avec des autorisations de levurage pour certains ; alors pour nous qui essayons d’être le plus clair et précis possible pour mettre en valeur un terroir, il n’y a pas de reconnaissance. Qu’est ce qui va me permettre de signer ma bouteille comme quelqu’un qui est honnête ? » En décembre 2010, il intègre Biodyvin et débute sa conversion en biodynamie.

« On ne peut pas faire de vin sans travail. »

« On ne peut pas faire de vin sans travail » estime Guillaume. Sur ses cuvées de base, il cherche à procurer du plaisir aux gens. Mais il préfère travailler ses grandes cuvées qui, il l’espère, se goûteront dans vingt ans. Il doit à cette fin montrer un grand professionnalisme : de la rigueur, de l’hygiène, du soufre s’il en faut.

Il croit énormément dans l’avenir du chenin mais il critique la période de 1945 à 1980, qui avec des rendements aberrants, des récoltes mécanisées sans tri, un matériel végétal pas sain, a dévalorisé ce cépage. Il continue de peiner à commercialiser ses blancs ; 10 % de la production est toujours vendue au négoce. Il se rappelle qu’« au XVIIe siècle, les blancs d’Anjou issus de chenin étaient réputés exceptionnels ». Le terroir peut produire des choses magnifiques, synonymes de beaucoup de travail à la vigne, avec des rendements modérés et un élevage long : des coûts importants pour un vin cher – et un vin cher mais sans notoriété est difficile à vendre.

Son épouse Sophie n’est pas tentée par la vigne ou le secteur du vin. Son salaire de professeure des écoles contribue à l’équilibre financier familial. En 2007, elle est passée à mi-temps pour s’occuper des chambres d’hôtes qui venaient d’ouvrir. En 2011, elle a pris sa retraite anticipée pour prendre en charge à plein temps la gestion de la table et des chambres d’hôtes. Ainsi va la vie des néo-vignerons.


Repères :

Manoir de la Tête Rouge
3, place Jules-Raimbault
49260 Le Puy-Notre-Dame
Tél. : 02 41 38 76 43
greynouard@manoirdelateterouge.com
www.manoirdelateterouge.com

  • Surfaces : 12 hectares.
  • Cépages : chenin, chardonnay, grolleau gris, cabernet franc, pineau d’Aunis (planté il y a 5 ans).
  • Cuvées : Tête de lard, Enchentoir (vignes de 50 ans), Bille de clown, Bagatelle (en rouge et en blanc), Coteau de Saumur (blanc pour les années à botrytis ou les
    grands millésimes), Tête d’ange (blanc), Chapitre (blanc, anciennement Chapitre 9, cuvée créée lors de son neuvième millésime), Tête en l’air (effervescent brut non
    dosé de chenin et chardonnay), Tête à claques (pétillant naturel doux et rosé).
  • Prix : de 7 à 19 €.

Le choix de Septime & Baraou
Tête à claques, un pet’ nat’ impertinent, rosé et sucré, issu de cabernet franc, chenin et chardonnay.

Pour commander Le Guide de l’alter-vin :


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