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Château Beauséjour 2006

Un arôme étonnant de résine de cèdre, un vin délicieux en bouche.


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Domaine Les Chesnaies

dimanche 15 mars 2015, par Laurent Baraou, Monsieur Septime

Un vigneron attachant, homme de conviction et amoureux du travail bien fait, qui veut marquer par l’élégance de ses vins et par sa présence face aux gros producteurs.

Enfant du pays de Rabelais, Pascal Lambert s’est construit patiemment, avec son épouse Béatrice, apprenant peu à peu le métier, ses joies et ses travers par les rencontres et les amitiés, ou au fil de ses déplacements pour vendre ses vins sur des salons. Issu d’une famille de vignerons, il s’est acclimaté aux métiers de la vigne auprès de son grand-père maternel. Tout en travaillant chez son père, il s’installe à son compte en 1983, lançant le domaine avec Béatrice qui est originaire du Saumurois. La surface est d’un peu plus de 4,5 hectares avec des parcelles co-plantées et d’autres que son père lui cède. Les premières années, c’est la débrouille. Jeunes mariés, ils vivent trois mois en caravane sur le terrain de la maison en construction. Le chantier achevé, c’est le tour du chai. Le père de Béatrice, maçon, leur fait les cuves béton.

Le gel d’avril 1991, qui a tout détruit, puis la vendange de l’année suivante, avec une surproduction d’après gel (jusqu’à 150 hl/ha sur certains terrains), mettent en péril l’exploitation, proche de déposer le bilan. Ils décident de changer radicalement le modèle de commercialisation, abandonnent en partie le vrac pour faire plus de bouteilles et parcourent les routes de France pour faire les salon.

Reste une forme de résistance. Enfant, Pascal avait biné la vigne. Il a vu d’un mauvais œil l’arrivée des produits phytosanitaires au début des années 1980. S’il en utilise au début, il décide de s’en passer complètement à partir de 1995. L’été suivant, Alain Quinioux, ancien camarade de promotion et caviste à Boulogne-Billancourt, et son frère Bruno font découvrir à Pascal un autre univers du vin, celui des vins vivants. Ils le forment et l’aident à la vinification tandis que Pascal se met activement à travailler ses sols. « La base d’un vin vivant est un sol vivant » affirme-t-il, même si aujourd’hui il peut se permettre de moins les travailler, diversifiant ses terres aux semis de céréales ou de légumineuses en fonction des terroirs. Conseillé,= par Michel Barbaud, Pascal préfère puiser plus dans les ressources des plantes pour dynamiser ses vignes que dans d’autres préparations biodynamiques. Depuis trois ans, il fabrique son propre compost. Le sol régénéré et la plante revitalisée, l’étape suivante fut de diminuer l’utilisation du cuivre.

« Je travaille en fonction de chaque terroir pour obtenir de l’élégance. »

Le but de l’élevage est de travailler dans la finesse. La vinification, en cuve tronconique en bois, est l’objet d’une attention particulière pour éviter des extractions trop intenses. Par la suite, le vin est élevé en cuve béton. « Je travaille en fonction de chaque terroir pour obtenir de l’élégance ». Depuis quelques années, il s’essaye au sans soufre, en laissant tout de même un peu de gaz carbonique dans le vin pour le protéger.

Ses vins certifié bio depuis une quinzaine d’années, Pascal Lambert a découvert les techniques de la biodynamie. Un maraîcher du Maine-et-Loire l’aide dans ses premières expériences. Les vins changent et gagnent un peu plus en élégance, obtenant des tanins beaucoup moins agressifs. Il progresse en échangeant avec des vignerons de belle réputation tels Patrick Meyer en Alsace, Philippe Gourdon de La Tour Grise ou encore Richard Leroy en Anjou. Il n’a pas souhaité cependant être certifié : le coût est trop élevé. Homme d’action, Pascal a préféré s’engager dans l’interprofession encore timide des viticulteurs bio et il a participé à la création toute fraîche de l’Association interprofessionnelle des vins bio du Val de Loire (AIVB-VL). Il s’inquiète du poids des gros opérateurs du Languedoc-Roussillon, qui produisent des millions de bouteilles et impactent sur les cahiers des charges Bio.

Homme de caractère souhaitant marquer le poids de plus en plus réel de ces petits producteurs, il lui faut pourtant apprendre à composer, et là aussi une certaine patience en attendant la maturité d’une idée : « En siégeant j’ai appris ce qu’était un consensus ». Sa volonté de faire avancer les choses est toujours très forte : le travail au cheval, le franc de pied, un négoce de vin bio. Il croit en son métier et en la qualité de ses vins, il croit en une certaine vertu bienfaitrice et réparatrice de la vigne : « Depuis quelques années on a lié un partenariat en Belgique avec une école d’horticulture de réinsertion qui accueille des enfants victimes d’inceste. C’est des garçons qui ont entre 16 et 22 ans. Quand vous redonnez confiance à ces garçons, cela vous fait chaud au cœur ».


Repères :

Béatrice et Pascal Lambert
Les Chesnaies
37500 Cravant-les-Coteaux
Tél. : 02 47 93 13 79
www.chinonlambert.com
contact@chinonlambert.com

  • Surfaces : 14 hectares, dont 12 ha de rouge.
  • Cépages : Cabernet franc, chenin.
  • Cuvées : Rouges : Les Perruches, Harmonie, Les Terrasses (sans soufre ajouté), Tradition graves, Danaé (en l’honneur de sa petite nièce, 5e génération),
    Marie. Rosés : Mathilde, Perles chantantes (pétillant naturel). Blancs : Les Chesnaies, Rochette et Antoine (à son propos pour le dernier millésime, Pascal dit : « Un des meilleurs vins que j’aie jamais fait »).
  • Prix : de 7,5 à 26 €.

Le choix de Septime
Danaé, pour son soyeux et son élégance.

Le choix de Baraou
Tradition graves, pour sa fraîcheur et son fruité.

Pour commander Le Guide de l’alter-vin :


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