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Domaine Chahut et prodiges, Coup de canon 2008

Un beau travail fait sur ce vin facile à boire.


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Domaine de Trévallon

vendredi 4 mars 2011

Éloi Dürrbach, fils de peintre, décide dans les années 1970 de s’installer à Trévallon, propriété de ses parents, et d’y planter de la vigne. Le succès lui donne raison depuis bientôt trente-cinq millésimes.

C’est en 1950 que l’artiste René Dürrbach achète le mas Chabert puis en 1955, la propriété attenante, Trévallon, à 7 kilomètres de Saint-Rémy-de-Provence. Éloi, qui poursuivait des études d’architecture à Paris, s’y installe en 1973. Il a vingt-trois ans quand il écrit à son père pour lui dire qu’il arrête ses études et qu’il fera du vin ; ce ne fut pas simple. Même si René Dürrbach confiait parfois à son fils,
en se promenant dans la garrigue, que cette terre pourrait faire du bon vin.

La création du domaine a été une véritable aventure, presque l’oeuvre d’une vie. La garrigue s’étend sur 60 hectares et patiemment, Éloi en défriche trois. Il lui faut bouger des rochers de calcaire, en dynamiter, en concasser pour les mélanger à la terre. Sur les conseils du « voisin » Georges Brunet (alors propriétaire de Château Vignelaure et ancien propriétaire du Château La Lagune), et conforté par les écrits de Jules Guyot (agronome du XIXe siècle), Éloi plante cabernet sauvignon et syrah. Éloi Dürrbach opte pour l’agriculture biologique, enracinant la vigne dans cette biodiversité où elle côtoie les chênes verts, les oliviers et les amandiers.

En 1976 les premières vendanges écourtent le voyage de noces du jeune vigneron marié en août avec Floriane, fille du Beaujolais. Les beaux raisins récoltés fournissent un vin qui est élevé dans des demi-muids venus de Fleurie. Ce premier millésime lui semble mieux que celui de ses voisins et il décide donc de le vendre trois fois plus cher qu’eux. Dès le départ, c’est un gros succès et les millésimes s’enchaînent.

Le domaine produit aussi une huile d’olive, avec la même exigence de qualité que pour les vins.

Mais une appellation Baux-de-Provence va voir le jour et dès 1985, on lui demande de réduire la part de cabernet sauvignon puis, en 1993, l’INAO décide qu’il doit limiter l’encépagement en cabernet sauvignon à hauteur de 20 % de ses vignes à vin rouge. Éloi refuse de modifier ses choix, non par opposition au changement mais parce qu’il se base sur la présence locale de ce cépage depuis le XIXe siècle. Son vin est donc déclassé en Vin de pays mais le couple va promouvoir sa marque, Trévallon, au-delà de l’AOC. Éloi Dürrbach devient un vigneron intransigeant et un vinificateur exigeant. Avec son vin blanc, il suit la même voie (en réintroduisant la roussane dès la fin des années 1980) et l’image des « Vin de pays » les plus chers de France s’impose. Mais Laurent Vaillé (domaine de la Grange des pères) qui a travaillé trois ans à Trévallon, « dépasse le maître ». Finalement l’exploitation produit uniquement deux vins : le rouge et le blanc ! Et depuis 1998, du chardonnay est planté sur le domaine ; il représente environ 10 % de l’assemblage final du vin blanc.

Trévallon est certifié en agriculture biologique par Ecocert mais n’en fait pas un argument commercial. Par contre, le visiteur ne manquera pas de contempler les deux sculptures de René Dürrbach qui veillent sur le jardin de Trévallon. L’esthétique des vins produits ici n’est certainement pas un hasard. Et cela se retrouve jusque dans les étiquettes imaginées et dessinées par le père à la demande de son fils Éloi, un jour de 1998, peu avant la sortie du millésime 1996, pour sa dernière commande d’artiste (on y retrouve le style des vitraux qu’il a dessinés pour la restauration de la basilique de Mézières). Depuis, Éloi choisit chaque année, suivant les caractéristiques du millésime, parmi la cinquantaine de dessins, l’étiquette qui habillera la bouteille du nouveau Trévallon.

Pour être complet, il faut souligner que le domaine produit aussi une huile d’olive, avec la même exigence de qualité que pour les vins. La propriété abritait dans ses vallons des oliviers, vestiges d’anciennes oliveraies, et dès 1985 Éloi Dürrbach plante une centaine d’oliviers. Maintenant il en est à 800 variétés.


Repères :

Domaine de Trévallon
13103 Saint-Étienne-du-Grès
Tél. : 04 90 49 06 00
info@domainedetrevallon.com
www.domainedetrevallon.com

  • Surfaces : 17 hectares (15 ha en cépages rouges, 2 ha en blancs).
  • Cépages : Rouges : cabernet sauvignon (50%), syrah (50%). Blancs : marsanne (45%), roussane (45%), chardonnay (5%), grenache blanc (5%).
  • Cuvées : Domaine de Trévallon (en rouge et en blanc).
  • Prix : de 40 à 55 €.

Le choix de Septime & Baraou
Domaine de Trévallon rouge 1997 ; par sa typicité aux notes mentholées sur de beaux tanins, il nous a permis de briller lors d’une dégustation à l’aveugle.

Pour commander Le Guide de l’alter-vin sur le site de François Bourin :


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