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Clos Romain, Phidias 2009

Vinifié en amphore. Très fruité et sucré presque compoté. Une belle réussite. Très agréable à boire de suite.


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Château Beauséjour

vendredi 7 février 2014, par Laurent Baraou, Monsieur Septime

Un ancien informaticien a relevé le défi de restaurer un domaine magnifique, mais saccagé en profondeur par l’idéologie de la rentabilité à tout prix.

Pierre Bernault est un tout jeune vigneron de cinquante ans. Pourtant ses origines familiales sonnaient l’évidence : il est né dans une famille de viticulteurs en Algérie, mais ses parents ont quitté le pays pour élever des moutons en Ariège. Ses études l’ont un peu plus écarté de la vigne. L’informaticien au Commissariat à l’énergie atomique et à Microsoft France a profité en 2000 de l’opportunité de se reconvertir en néo-vigneron, suite à une formation professionnelle adaptée. Avec son épouse, il a fureté la terre à vignobles durant plus d’un an, avant de poser son choix sur une perle rare du Bordelais. En 2004, il rouvre le château Beauséjour, un terroir d’exception avec des vieilles vignes qui semblent prometteuses. Conseillé par l’oenologue Stéphane Derenoncourt, le domaine est rénové de fond en comble.

Ce vignoble est une véritable référence, connue depuis longtemps, qui s’étend de l’église Saint-Martin aux cinq moulins de Calon. L’exposition aux vents réduit la présence de maladies et permet de vendanger à parfaite maturité. Château Beauséjour était une propriété renommée, mais les derniers propriétaires, à force de désherbage chimique et d’utilisation abusive d’engrais, ont tué la qualité, la productivité et la confiance. C’est un vignoble exsangue, avec un sol tassé et des vignes rachitiques. L’expert oenologue a été clair et déprimant : « Il faut être courageux. Quoi qu’on fasse, pendant cinq ans on ne sortira rien de bon. » Les travaux d’Hercule obligent à remettre en service le système de drainage afin d’empêcher le trop d’humidité pendant les vendanges, d’arrêter tout traitement et désherbage et d’enrichir le sol avec du compost bio « vivant ».

En 2005, une parcelle de merlot qui remonte à 1901 se distingue. Son raisin est d’une qualité rare. Il est décidé de vinifier cette partie à part, la cuvée prend pour nom l’année éponyme. Dès les primeurs, c’est la reconnaissance : la demande est tellement forte qu’elle représente six fois sa production. L’accompagnement et les conseils de Stéphane Derenoncourt permettent à Pierre de mettre en valeur son terroir et de produire très rapidement un vin de qualité sans faire des erreurs funestes telles que des maturités non maîtrisées ou des excès d’extraction.

De même Alain Vauthier (propriétaire du château Ausone), décelant très rapidement le potentiel et la qualité des merlots miraculeux, aide Pierre Bernault à sauver ce patrimoine. Pied après pied il faut sélectionner les meilleurs plants exempts de toute maladie. Seuls onze d’entre eux ont été gardés, sur les 15 000 de la parcelle. Ils ont été mis en pépinière aux châteaux Ausone et Beauséjour. Quand la
génération sera fructifère, soit vers 2014, les plants offrant les meilleures qualités gustatives seront sélectionnés. Un travail de vingt ans.

« C’est comme en cuisine, quand on est surveillé par un chef qui vous conseille, cela va forcément être bon. »

Son comptable est toujours surpris de voir la ligne d’achat de produits oenologiques égale à zéro. Les vins sont simplement encuvés sans intrants. 90 % des efforts sont sur la vigne. Comme le dit Pierre : « Quand les raisins sont bons, quand les raisins sont mûrs et sains, le vin est bon. C’est comme en cuisine, quand on met des ingrédients magnifiques dans une casserole et que l’on surveille bien la cuisson, qu’on l’a déjà fait ou que l’on est surveillé par un chef qui vous conseille, cela va forcément être bon. »

Le domaine est certifié en agriculture raisonnée, le passage en bio étant pour l’instant un investissement trop lourd. Les rendements sont faibles pour la région (31 hectolitres par hectare, en moyenne sur les cinq dernières années, et 13 hl/ha pour la cuvée 1901). L’âge élevé du vignoble (certaines parcelles ont été plantées en 1901, 1902, 1934 et 1946) et la composante argilo-calcaire donnent un vin typé, de grande garde, mis en valeur par un travail acharné et admirable.

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Pierre Bernault, Château Beauséjour (Montagne Saint Emilion)

Repères :

Château Beauséjour
7, Arriailh
33570 Montagne
Tél. : 06 72 92 06 71
pierre.bernault@gmail.com
www.chateau-beausejour.com

  • Surfaces : 12 hectares en Montagne-Saint-Émilion.
  • Cépages : 70% merlot, 30% cabernet franc.
  • Cuvées : La Gourmandise de Beauséjour (rosé), Château Beauséjour Tradition, Le Charme de Beauséjour (second vin), Château Beauséjour, 1901.
  • Prix : de 6,50 à 45 €.

Le choix de Septime
Château Beauséjour 2006. C’est ma madeleine de Proust, un nez où l’on peut percevoir des arômes de résineux (cèdre du Liban) me rappelle de nombreux souvenirs d’enfance. Quelque chose de magique et bien sûr irrationnel.

Le choix de Baraou
Le millésime 2005 de la cuvée 1901. Un choc émotionnel partagé avec des copains fins dégustateurs (Antoon Laurent, Éric Bernardin, Daniel Sériot) suite à une dégustation organisée par Stéphane Derenoncourt (Domaine de l’A). Ce vin était déjà, peu après sa mise en bouteille, tendu sur des notes minérales et un fruit ferme d’une grande élégance.

Pour commander Le Guide de l’alter-vin :


Par TUCCI Daniellele 20 septembre 2016 : Château Beauséjour

Bravo "petit cousin", pour ton parcours ;-)

J’ai connu Colette, ta soeur, à Théoule chez Michèle. Ta maman et mon père sont cousins germains.

@+


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