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Château Beauséjour 2006

Un arôme étonnant de résine de cèdre, un vin délicieux en bouche.


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Château de Bellevue

jeudi 20 février 2014, par Laurent Baraou, Monsieur Septime

André Chatenoud, œnologue de formation, est à la tête d’un domaine certifié en agriculture biologique, petite île de verdure perdue au milieu d’exploitations ne travaillant que pour la coopérative ou le négoce.

L’histoire du château remonte à l’époque romaine, des vestiges gallo-romains sont encore là pour l’attester. Avant la Révolution française, le château appartenait à la famille Demay de Certan qui possédait aussi château Beauregard à Pomerol. Au XVIIIe siècle, des carrières de calcaire sont exploitées sous les vignes ; par la suite elles sont transformées en caves, pour 3 hectares de stockage des bouteilles mais aussi pour l’élevage des vins en fûts. En 1789, le domaine est confisqué et devient bien national. La propriété se développe au fil des rachats et des ventes.

Charles Chatenoud est producteur de fruits et de vins en Savoie. Il souhaite se relocaliser et rachète en 1971 le domaine qui est laissé à l’abandon. Après un BTS viticulture-œnologie à Montpellier et le diplôme national d’œnologue à Bordeaux, il effectue des stages à Figeac, Petrus, Yquem. Il part en Californie en 1976 et en Australie en 1977, puis il revient au domaine pour y travailler. Il s’associe avec son père en 1984.

Dès son arrivée, il met en avant le travail des sols. Il pratique un désherbage sous les rangs, mais l’abandonne après quelques années. C’est en 2002 que le domaine est certifié en agriculture biologique. Les terres étant toujours travaillées avec soin, la biodynamie en devient presque superflue. Les rapports avec les voisins ne sont pas forcément évidents car 60 % des vignerons de la commune produisent pour la cave coopérative, les autres vignerons vendant au négoce, à l’exception de cinq vignerons dont deux en bio. Le dernier groupe de travail de la coopérative sur le bio, dans ses conclusions, a considéré que cette pratique ne représentait pas l’avenir.

Si le domaine est isolé et échappe ainsi aux traitements des voisins, une parcelle de 15 ares n’est pas à l’abri. Certifié NOP (New Organic Program) qui est un label d’agriculture biologique américain, le domaine est obligé de vinifier cette parcelle séparément pour les vins vendus aux États-Unis et au Canada, car elle ne correspond pas aux normes, les analyses y ayant décelé des résidus d’un antibotrytis.

Au chai, André essaie d’élaborer un vin le plus naturel possible. Comme il le dit, « c’est pas du tout dans la ligne œnologique officielle ».

Au chai, André essaie d’élaborer un vin le plus naturel possible. Comme il le dit, « c’est pas du tout dans la ligne œnologique officielle ». Il travaille dans le respect du raisin, une vinification sans soufre avec juste un ajout très léger de soufre après la fermentation malolactique. L’élevage est effectué en barriques, dans des caves à 12 °C. Les vins ne sont ni collés ni filtrés avant la mise. Lors de certaines années difficiles, si le raisin n’est pas à son optimum qualitatif, il déclasse les parcelles concernées et produit un second vin avec un élevage court ; une cuvée à boire plus rapidement.

Depuis 2005, il a adopté le cahier des charges de vinification de la FNIVAB (Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l’agriculture biologique), complété par le NOP américain qui est aussi restrictif sur les pratiques au chai. Et toujours avec un vocabulaire imagé, André nous dit : « Le vin, c’est un peu comme une femme qui accouche. C’est la nature. Il faut assister mais intervenir le moins possible. Effectivement dans les années difficiles on peut y aller aux forceps mais il ne faut pas après que cela devienne systématique. »

Élu depuis 2009 président du Syndicat des vignerons bio d’Aquitaine, il consacre ses temps libres à la défense des intérêts des 160 producteurs adhérents certifiés en agriculture biologique. Avec l’arrivée des gros opérateurs industriels sur ce marché, l’avenir du bio est problématique. André Chatenoud a bien conscience que, sur ce sujet, « on retrouve la fracture entre le monde artisanal et le monde industriel ».


Repères :

Château de Bellevue
33570 Lussac
06 72 83 18 04
contact@chateau-de-bellevue.fr
www.chateau-de-bellevue.com

  • Surfaces : 12 hectares.
  • Cépages : merlot, cabernet franc, sauvignon gris.
  • Cuvées : Château de Bellevue (rouge et blanc), Les Griottes.
  • Prix : de 12 à 15 €.

Le choix de Septime & Baraou
Les Griottes, un pur merlot fruité.

Pour commander Le Guide de l’alter-vin :


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