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Bonus - Bilan carbone et impact écologique

jeudi 2 septembre 2010, par Laurent Baraou

Quel impact écologique ?

Quel est le réel impact d’une bouteille de vin consommée à domicile sur l’environnement ?
Pour répondre, il faut prendre en compte différents aspects de cet impact : économique, écologique et sanitaire.

Un consommateur quotidien de vin (avec modération) diminue l’impact écologique en préférant l’achat en contenant sous vide ou en vrac (la bonne vieille "tireuse"). Cela demande un changement de mentalité mais ouvre tout un champ d’innovation pour les concepteurs. Pour ceux qui habitent à proximité de vignes, il est aussi possible (pas partout et généralement pour les seules cuvées génériques) de remplir ses propres bouteilles directement chez le producteur.

La bouteille en verre est responsable de plus de 50 % de l’impact total du cycle de vie d’un vin. C’est donc une hérésie que de fabriquer une bouteille en verre pour un vin qui sera bu dans les semaines suivant son achat. Mais pour les vins de garde la bouteille en verre a prouvé son efficacité ce qui n’est pas le cas des actuels emballages alternatifs (sauf éventuellement la jarre en terre cuite).

Le verre, un désastre écologique ?

Mais on ne saurait adopter une stratégie de développement durable sans s’interroger sur les performances environnementales des produits et les Analyses du Cycle de Vie (ACV) d’une bouteille ou autre contenant (comme le TetraPak) de vin ; interrogation d’autant plus pertinent que l’on s’intéresse aux vins produits à partir de raisins issus de l’Agriculture Biologique. En effet il semble évident qu’un vigneron engagé dans une démarche non polluante doit être sensible à ce sujet.
Mais attention, il faut comprendre que le vin de terroir est forcément diversifié et lorsqu’il parvient jusqu’aux lèvres d’un amateur d’une autre zone géographique, son bilan carbone n’est pas très performant ; pour autant, ce vin par définition ne peut pas être produit ailleurs et on ne peut pas conseiller à l’amateur de consommer local puisqu’il s’intéresse à la typicité des terroirs (de chez lui et d’ailleurs).

Les projets de taxes écologiques, comme la « taxe carbone » mais abandonnée depuis par un gouvernement frileux, risque de modifier la distribution de ces vins originaux et typés ; favorisant les français (et pays voisins) mais défavorisant l’export qui fait vivre les vignerons concernés et défavorisant l’import de vins étrangers mais favorisant les vins industriels (ou de grosses productions) mieux organisés.

La viticulture biologique impacte moins la biodiversité ou la structure des sols, mais ne montre quasi aucune différence au niveau du bilan carbone des vins qu’elle produit. En fait, le choix du type de viticulture et de la méthode de vinification n’a qu’une faible influence sur le bilan carbone global d’une bouteille de vin par rapport à celle du choix du conditionnement et de l’emballage. Dans tous les scénarios, la bouteille, l’étiquette, le système de bouchage et le conditionnement alourdissent le bilan carbone de plus de 50 %. Pour les vins produits à l’étranger, le transport est, avec une part variant autour de 25 % selon la distance et le mode de transport.
Le bilan carbone des vins serait profondément amélioré si des alternatives au contenant bouteille étaient développées, car le verre – même s’il est recyclable – coûte cher (en énergie) à produire et à transporter (lourd et pas facile à conditionner).

Vers une consommation de proximité

Boire chez le producteur sans conduire pour un meilleur bilan carbone est une solution utopiste ; mais l’achat en vrac avec un bidon réutilisable est une option intéressante pour certains vins, comme l’utilisation de Bag in Box® ou de Tetra Brik Aseptic® qui représente une solution pour des vins à consommation rapide, fortement majoritaires en volume.
Bien évidemment, si on prend en compte la fin de vie, le verre a une meilleure note que d’autres matériaux (eu égard à ses qualités intrinsèques de conservation et de recyclage), même s’il reste pénalisé par son poids. Et la bouteille en verre a de longs jours devant elle pour les vins de longue conservation. Ce contenant s’inscrit donc dans la démarche actuelle de l’éco-conception et du marketing durable.
Lors d’une ACV (Analyse du Cycle de Vie) il faut tenir compte (pour le vin qui est dans ce cas un produit comme un autre) des approvisionnements, du conditionnement, du transport et la distribution. Les vignerons produisent un ensemble intégrant l’emballage (bouteille, carton, caisse, palette) et le transport (véhicule personnel, transport routier, transport maritime ou aérien). L’impact le plus important est souvent celui des transports (des matières sèches puis du produit finalisé), on tendra donc dans le futur vers une consommation de proximité car la sensibilisation du client au coût environnemental sera de plus en plus prépondérante dans ses choix. La portée de ce choix englobera la culture du raisin, la vinification, le conditionnement, le transport et la fin de vie du contenant et de l’emballage. Fabriquer, transporter et recycler une bouteille en verre demande énormément d’énergie, principalement thermique donc à base d’énergies fossiles. La deuxième source d’impact concerne le transport, particulièrement le transport routier.

L’agriculture biologique ou organique n’est qu’une démarche qualité (sols et produit). La différence d’impact des modes de production sur l’environnement est très mal prise en compte par les méthodes d’ACV.


Repères :
PDF - 1.3 Mo
ACV comparative de TetraPak Verre / PET / Carton
PDF - 232.3 ko
La réponse de Verre Avenir

Par Marinele 16 février 2014 : Marine

Un très boan commentaire, je suis impatient de découvrir les différents avis. :-) Marine


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